Étude 12 / 14 · Sport · données · sélections
CR7 contre Messi : 124 contre 71, le vrai écart.
Deux cent soixante-douze buts en sélection, réconciliés but par but. Séparés en matchs officiels et amicaux, les deux totaux changent de camp et l'écart change de sens.
Deux totaux exacts, et presque rien à en conclure.
146 buts pour Cristiano Ronaldo, 126 pour Lionel Messi. Les deux chiffres sont exacts, les deux sont sourcés, et aucun ne dit grand-chose du duel qu'ils sont censés trancher. Un total additionne des matchs que le calendrier ne traite pas de la même façon : une Coupe du monde contre une équipe qualifiée, un amical de mars contre ce que le calendrier propose.
Sur les 272 buts, 195 ont été marqués en compétition et 77 en amical. Cette seule distinction fait passer l'écart de vingt buts à cinquante-trois, et ce n'est pas un tour de passe-passe : c'est ce que les deux carrières contiennent.
Deux listes, trois recoupements, et un chiffre qui ne tombe pas juste.
Le point de départ, ce sont les deux listes Wikipédia des buts internationaux : 146 buts en 234 sélections pour Ronaldo, 126 en 208 pour Messi. Ce sont les seuls inventaires publics assez détaillés pour être vérifiés but par but. Ils sont aussi tenus par des contributeurs, donc chacun a été recoupé avec Opta, le corpus RSSSF et le total de pénaltys publié par l'UEFA.
La nature de chaque match est déduite de la compétition, puis contrôlée année par année contre les totaux officiels et amicaux des listes : 24 années pour Ronaldo, 22 pour Messi, aucun désaccord. Les pénaltys sont le point fragile. La liste de Ronaldo porte 22 drapeaux, la réconciliation en trouve 23, et les trois écarts sont documentés un par un : deux pénaltys ajoutés, un retiré parce que deux sources contredisaient le drapeau.
Cinq règles, fixées avant le premier chiffre.
- Officiel ou amical se déduit de la compétition, jamais du score ni de l'adversaire, puis se contrôle contre les totaux annuels.
- Chaque but est daté et replacé dans l'âge du joueur, à partir des naissances du 5 février 1985 et du 24 juin 1987.
- L'adversaire est pondéré par son classement Elo au moment du match, rapporté à 1500 : un but contre une équipe forte pèse plus qu'un but contre une équipe faible.
- Le score avant le but est reconstitué depuis le score d'après, pour ne pas confondre ouverture, égalisation, avantage, réduction et consolidation.
- La règle de lecture est posée avant les résultats : ce qui relève du comptage est asserté dans un notebook, ce qui relève du goût reste dans le texte et s'y déclare.
Les mêmes 272 buts, deux classements.
En compétition : 124 contre 71. En amical : 55 contre 22. Messi mène dans le registre que personne ne compte, Ronaldo dans celui qui décide des qualifications et des titres, et l'écart y est de 53 buts.
Pondérés par l'Elo de l'adversaire, les 146 buts pèsent 155,1 contre 142,7 : l'écart se resserre, il ne s'inverse pas. La raison se lit dans la distribution : 34,9 % des buts de Ronaldo sont tombés contre des adversaires sous 1500 Elo, contre 21,4 % pour Messi. C'est un fait de calendrier et de confédérations, pas de talent.
L'horloge les sépare plus nettement. Le but médian de Ronaldo arrive à la 58e minute, celui de Messi à la 43e, sur 123 et 67 buts dont la minute est connue. Ronaldo a marqué 36 buts qui ont égalisé ou donné l'avantage, Messi 19. En phase finale de Coupe du monde, 21 contre 11. Et 64,4 % des buts de Ronaldo sont arrivés après ses 30 ans, contre 54 % pour Messi.
Un corpus ne désigne pas le meilleur joueur.
- Que l'un des deux soit le meilleur joueur : le corpus compte des buts, il ne pèse ni les titres, ni les contextes, ni le plaisir qu'on prend à les regarder jouer.
- Qu'un amical ne vaille rien : il prépare un tournoi et remplit parfois un stade. La distinction est un fait de calendrier, pas un jugement sur le joueur.
- Que le classement tienne au but près : les listes sont tenues par des contributeurs, la nature de quelques rencontres anciennes reste discutable, et 23 buts de Ronaldo n'ont pas de minute connue.
- Que la pondération Elo soit la bonne : elle corrige l'adversaire, pas la fatigue, la blessure, ni la façon dont l'équipe jouait ce soir-là.
Publier ce qui se vérifie.
Je publie le découpage et les contrôles, parce que c'est la seule partie du débat qu'un autre peut vérifier.
Je ne tranche pas le classement. J'ai une préférence, elle est dite comme telle, et elle ne touche pas un seul chiffre des notebooks.
Ce qui reste : deux façons de tenir vingt ans, et un corpus qui permet à chacun de refaire le calcul et d'être en désaccord avec les phrases, pas avec les comptages.
Sur les données Deux listes Wikipédia de buts (146 en 234 sélections, 126 en 208), recoupées avec Opta, le corpus RSSSF et le total de pénaltys de l'UEFA. Nature du match déduite de la compétition, contrôlée année par année. Classements Elo au moment du match, normalisés par 1500. Âges calculés depuis les naissances du 5 février 1985 et du 24 juin 1987.
Notebook rejoué : 12 assertions sur 272 buts · 272 lignes de but · rejoué le 6 novembre 2026 · la page des preuves