Étude 04 / 11 · France · deux cycles · Projet personnel
Ce qui a vraiment changé sous Zidane. Et ce que le calendrier suffit à expliquer.
Sept matchs de Coupe du monde sous Deschamps, quatre matchs de Ligue des nations sous Zidane. Une fois l'adversité retirée (écart Elo et avantage du terrain, calibrés sur 612 observations), l'écart entre les deux ères se divise par deux. Ce qui reste est un signal ténu.
Un changement de sélectionneur est le meilleur test de notre crédulité.
Quand une sélection change de sélectionneur, deux choses changent en même temps : l'homme et le calendrier. Comparer sept matchs de Coupe du monde à quatre matchs de Ligue des nations comme s'il s'agissait de onze situations comparables est l'erreur la plus courante de ce débat, et la plus facile à commettre.
L'étude part donc du bout opposé : quelle part de la différence était déjà écrite dans l'adversité ?
Onze matchs, deux ères, une seule chaîne.
Sept matchs de la France au Mondial 2026 sous Deschamps. Quatre matchs de Ligue des nations sous Zidane. Onze au total, tout l'échantillon.
Le xG net vient de la même chaîne xT → xG pour les deux ères : mêmes événements, même modèle, aucun réglage de la métrique entre les deux. Sinon on mesure deux choses différentes en croyant les comparer.
L'adversité est estimée par l'écart Elo entrant et l'avantage du terrain, calibrés sur 612 observations.
Retirer ce que le calendrier offrait, puis regarder.
- Calculer le xG net match par match, avec la même chaîne pour les deux ères.
- Estimer le niveau attendu à partir de l'écart Elo entrant et de l'avantage du terrain, sur 612 observations.
- Soustraire cette part attendue pour obtenir un xG net ajusté.
- Comparer les médianes des deux ères, en brut puis en ajusté.
- Faire un bootstrap de la différence : à quelle fréquence Zidane fait-il moins bien que Deschamps ?
L'ordre compte. Ajuster après avoir comparé laisse choisir la correction qui produit l'histoire voulue ; ajuster avant garde la comparaison honnête, même quand elle s'affaiblit.
L'écart se divise par deux, il ne disparaît pas.
En brut, la médiane du xG net vaut +1,35 sous Deschamps et +0,25 sous Zidane. En ajusté, elle devient +0,24 et −0,27. Les deux ères étaient flattées par leur calendrier, celle de Deschamps plus que celle de Zidane, et l'écart entre elles passe de 1,1 à 0,5.
Le bootstrap situe à 0,71 la probabilité que Zidane fasse moins bien que Deschamps. La direction est défavorable ; l'ampleur reste fragile, et c'est ainsi qu'il faut le dire.
Quatre matchs ne sont pas un bilan.
- Que Zidane soit un moins bon sélectionneur : avec n = 4, un écart de médiane n'est pas un verdict.
- Que le style soit ce qui reste : le calendrier et l'adversaire pèsent autant que le système, et l'ajustement ne retire que la part qu'on sait nommer.
- Qu'un match de Ligue des nations pèse autant qu'un match de Coupe du monde : l'intensité et l'enjeu ne sont pas dans le modèle.
- Que 612 observations valident les deux ères : elles calibrent l'adversité, pas les onze matchs.
Ce que j'en ferais dans un club.
Je publie un signal daté, pas un verdict. Dix matchs plus tard, la même méthode peut dire l'inverse, et le texte honnête doit le prévoir.
Je compare à calendrier comparable, ou je dis que je ne peux pas : le calendrier est la première chose qu'on demande en réunion.
Je donne l'intervalle et la probabilité, jamais l'écart de médiane seul : 0,5 de xG net sur quatre matchs ne veut rien dire sans eux.
La conséquence pratique : une lecture qui répond à « est-ce le sélectionneur ou le calendrier ? » par un chiffre plutôt qu'une opinion, et qui dit à voix haute ce qu'elle peut porter.
Notebook : chaque chiffre publié est asserté · 11 matchs, 612 observations, quatre médianes et 0,71 recalculés depuis le cache de calibrage · rejoué le 2 novembre 2026 · la page des preuves