Analyse d'équipe · Ligue 1 2025-26 · Paris Saint-Germain
Le PSG joue son football chez l'adversaire, et ses latéraux portent la relance.
Comment le PSG a joué la saison 2025-26 de Ligue 1, si ses résultats correspondent à son jeu, comment son effectif se compare aux titulaires de Ligue 1, et comment son style a bougé depuis 2021.
Le pressing le plus haut, les possessions les plus tranchantes.
Le PSG accorde à l'adversaire 8,39 passes par action défensive, contre 11,6 pour le club médian de Ligue 1 (c'est le PPDA : plus il est bas, plus une équipe presse). Il est premier, et parmi les trois premiers même en tenant compte des aléas de la saison. Avec le ballon, 18,6 % de ses possessions finissent par un tir, contre 12,2 % pour le club médian : premier encore, et seul le deuxième pourrait lui disputer la place.
Deux nuances. Son jeu est plus rapide que la médiane, mais de justesse : trois secondes entre deux actions, 6e sur 18. Et il ne contre-presse pas plus que les autres : 7,0 % des ballons perdus regagnés dans les cinq secondes, 14e, une lecture dans la moyenne. Le PSG presse la relance adverse ; il ne court pas après chaque perte.
plus que la moyenne de Ligue 1moinsécart sous 1 point
L'image inversée du Paris FC. Le PSG gagne 34,2 % de ses ballons dans la moitié adverse (27,1 % pour la ligue), en perd 20,6 % près du but adverse (15,5 %), et ne fait que 21,8 % de ses interventions près de son but (27,3 %). Il perd le ballon là où il attaque, c'est le prix d'y attaquer.
Des points à la hauteur du jeu.
Cinq points de plus que ses occasions ne valaient en moyenne : un écart que le hasard d'une saison couvre. Les points du PSG viennent de son jeu, pas d'une finition au-dessus de ses moyens. Le danger est moyennement partagé : Khvicha Kvaratskhelia a marqué 15 % des 118 buts, et les tirs se classent 8e sur 18 pour la concentration.
Des latéraux qui construisent, un central qui les laisse faire.
Chaque titulaire (le plus de minutes au poste, 900 au moins) face aux joueurs de Ligue 1 du même poste. Seules les mesures fiables sur ses minutes sont lues ; la note de match n'est jamais utilisée.
| Poste | Titulaire | Force | Bas |
|---|---|---|---|
| Défenseur central | Willian Pacho | — | Passes progressives et menace créée (5e percentile), passes clés, menace évitée |
| Latéral gauche | Nuno Mendes | Passes progressives (98e), passes clés, menace créée | — |
| Latéral droit | Achraf Hakimi | Passes progressives, passes clés, menace créée | Menace évitée (2e), voir plus bas |
| Milieu central | Warren Zaïre-Emery | Passes clés, passes progressives | Menace évitée, voir plus bas |
| Attaquant axial | Ousmane Dembélé | Menace créée (99e), passes clés, passes progressives | Menace évitée, voir plus bas |
| Gardien | Matvey Safonov | Sorties (98e) | — |
| Attaquants excentrés | Bradley Barcola, Désiré Doué | Non lus : quatre et deux pairs de Ligue 1 à leur poste précis, trop peu pour comparer | |
Deux lectures, pas une. D'abord, la menace évitée de Hakimi, Zaïre-Emery et Dembélé est très basse, et ne doit pas se lire comme une faiblesse : elle compte des actions défensives, et l'équipe qui presse le plus passe peu de temps à défendre bas. Ensuite, Pacho est bas sur les quatre mesures de relance, dans une équipe qui tient l'adversaire loin de son but. Cela ressemble à une répartition des rôles : la relance passe par les latéraux, tous deux au-dessus de 90 % de leurs pairs de Ligue 1 en passes progressives.
Le pressing s'est intensifié depuis l'été 2023 ; le reste n'a pas bougé.
| Saison | Pressing (PPDA) | Contre-pressing | Possessions finies par un tir | Secondes entre deux actions |
|---|---|---|---|---|
| 2021-22 | 9,66 (3e) | 4,3 % (18e) | 15,7 % (1er) | 2,98 (8e) |
| 2022-23 | 10,92 (9e) | 7,7 % (6e) | 16,0 % (1er) | 2,92 (2e) |
| 2023-24 | 7,85 (1er) | 8,4 % (4e) | 15,8 % (1er) | 3,06 (4e) |
| 2024-25 | 7,83 (2e) | 8,4 % (9e) | 19,3 % (1er) | 3,05 (4e) |
| 2025-26 | 8,39 (1er) | 7,0 % (14e) | 18,6 % (1er) | 3,00 (6e) |
Depuis 2023-24, le PSG accorde 2,26 passes de moins par action défensive que sur les deux saisons précédentes, et 1,73 de moins une fois retirée l'évolution de la ligue elle-même : le changement est celui du club. Il doit beaucoup à 2022-23, saison où le PSG pressait comme un milieu de tableau (9e). Un trait ne bouge jamais : premier de Ligue 1 pour les possessions finies par un tir, chaque saison, quel que soit l'entraîneur.
Entre 2021-22 et 2025-26 pris seuls, aucune des quatre mesures de style ne peut être dite changée une fois les quatre comparaisons prises ensemble. La plus proche est la part des possessions finies par un tir, qui échoue de peu.
Ce que je dirais au staff.
1. Le modèle tient : un pressing haut, des possessions transformées en tirs, des points conformes au jeu. Rien dans les données n'appelle un changement de style.
2. La relance dépend de deux latéraux. Sur la saison, le central titulaire n'a pas le profil pour prendre le relais si Mendes ou Hakimi manque : c'est le risque d'effectif à surveiller.
3. Un central relanceur rendrait l'équipe moins dépendante de ses latéraux. Le profil le plus proche de Pacho dans l'outil, Ilya Zabarnyi, est déjà au club ; sa relance est à mesurer avant de chercher ailleurs.
4. Ne pas juger les joueurs offensifs sur leurs actions défensives : dans cette équipe, peu d'actions défensives reflète d'abord où se joue le match ; ce n'est pas une mesure de l'effort.
Ce que cette analyse ne dit pas.
- Quoi que ce soit de la Ligue des champions, exclue : un autre adversaire change le style.
- Que l'entraîneur ait causé le changement de 2023 : l'effectif a changé en même temps.
- Quoi que ce soit des ailiers, trop peu nombreux à leur poste précis en Ligue 1 pour être comparés.