Étude 05 / 11 · Data storytelling · Projet personnel
Raconter une finale sans inventer les trajectoires. Chaque point affiché a une provenance.
Vingt-deux tirs, deux sources appariées une par une, des coordonnées qui concordent à 0,08 près. Les courses interpolées ont été écartées, et les positions simplement plausibles aussi. Ce qui reste est plus court, plus lent, et défendable.
Le mouvement est la partie la plus séduisante, et la plus facile à inventer.
Toute animation de match a un moment où les joueurs glissent sur le terrain. C'est beau, ça se lit instantanément, et dans la plupart des cas c'est fabriqué : les positions entre deux événements sont interpolées, puis présentées comme si elles avaient été observées.
Avec des événements et sans tracking, on sait où le ballon est passé. On ne sait pas où étaient les joueurs.
Cette étude porte sur cet écart, et sur ce que devient une animation honnête quand on refuse de le combler.
Deux sources, réconciliées tir par tir.
Vingt-deux tirs de la finale Espagne – Argentine, deux sources. La shotmap SofaScore fournit le xG, le xGOT et le placement ; WhoScored et Opta fournissent les événements, dont le qualificatif de passe décisive qui permet de créditer le xG créé au passeur.
Appariés un par un, les coordonnées concordent à 0,08 près. C'est la tolérance en dessous de laquelle deux relevés décrivent le même tir ; au-dessus, ils décrivent deux tirs, et l'appariement doit être repris.
Le modèle xT est calculé maison à partir des coordonnées Opta, avec un seul barème pour les deux sources et aucun recalage entre elles : une valeur veut dire la même chose, quelle que soit la table d'où elle vient.
Apparier, puis supprimer.
- Apparier les 22 tirs un par un, shotmap contre flux d'événements.
- Ne retenir un appariement que si les coordonnées concordent à 0,08 près.
- Écarter les courses interpolées : aucun déplacement de joueur n'est dessiné entre deux événements.
- Écarter les positions simplement plausibles, même quand elles rendraient l'image plus claire.
- Générer un fichier autonome : ni serveur, ni bibliothèque, 6 min 48 d'animation.
Les troisième et quatrième étapes sont celles qui coûtent. Elles retirent précisément ce qu'un spectateur retient d'une animation de match, et laissent une lecture qui ne décrit que ce qui est arrivé au ballon.
Chaque point à l'écran peut être remonté à sa source.
Les 22 tirs sont appariés, et rien à l'écran ne vient d'une interpolation. L'animation tient six minutes quarante-huit sur cette seule règle : le ballon, les tirs, les moments, et aucun corps inventé.
Dans le fichier, un panneau dédié liste l'origine de chaque chiffre : événements WhoScored et Opta, tirs SofaScore, xG créé crédité par le qualificatif de passe, xT calculé maison. La provenance est dans le produit, pas dans une note de bas de page.
Un appariement propre ne valide pas les sources.
- Sans données de positionnement, le mouvement raconté reste celui du ballon et des tirs, pas celui des joueurs.
- Apparier deux sources ne valide ni l'une ni l'autre : cela établit seulement qu'elles concordent.
- Le modèle xT est maison et n'a pas été validé par un tiers.
- Le script d'audit qui recalcule chaque chiffre est resté en local : il n'est pas publié, donc la provenance est affirmée, pas encore vérifiable par un tiers.
Ce que j'en ferais dans un club.
Je ne montre que ce qui est mesuré, et j'accepte un récit plus sobre : l'alternative est une animation qui flatte et qu'on ne peut pas défendre en réunion.
Je mets la provenance dans le produit, là où un entraîneur peut la trouver sans me demander.
Je dis ce qui manque, ici la position des joueurs, parce que c'est la première question qu'un analyste de performance posera.
La conséquence pratique : un outil qui survit à la question « d'où vient ce point ? », la seule qui compte quand une visualisation doit être montrée à un staff.
Sur les données WhoScored 2007644 et SofaScore 12813005, la même finale lue deux fois. Les 22 tirs sont appariés un pour un par camp, minute, tireur et nature du tir ; deux tirs du même joueur à la même minute se départagent par la position. Après appariement, l'écart de coordonnées est nul : les deux fournisseurs publient les mêmes positions, au miroir près, et le seuil de 0,08 est la règle d'appariement, pas une mesure d'accord entre deux capteurs indépendants.
Notebook : les 22 appariements assertés · 22 tirs, 22 appariés, écart de coordonnées nul · rejoué le 3 novembre 2026 · la page des preuves